Les deux organismes «demandent au gouvernement du Québec, dans le cadre de sa prochaine Politique agricole dont les consultations reprendront au cours des prochaines semaines, de mettre fin au régime d'accréditation unique en agriculture et de redonner le droit aux producteurs agricoles de cotiser à l'organisme syndical de leur choix».
«Dans vraie vie», la notion de membership au CEA est quelque peu galvaudée. D’une part, rien ne permet de croire que le Conseil représente véritablement 1200 producteurs, la validité de ce nombre n’ayant jamais été démontrée. D’autre part, le CEA n’a jamais fait état d’une consultation en bonne et due forme lui permettant d’affirmer que les individus (producteurs et non-producteurs – peu importe leur nombre) représentés par chacun des organismes concernés partagent l’avis de leurs dirigeants sur l’abolition de l’accréditation unique en agriculture, un principe syndical qu’on retrouve pourtant dans tous les secteurs au Québec, sauf dans celui des chantiers de construction. Pour l’UPA, les agriculteurs du Québec n’ont collectivement rien à gagner à affaiblir leur rapport de force syndical et commercial à l’heure où l’économie se mondialise et où les intervenants avec lesquels ils transigent sont de plus en plus gros.
Au mieux, le CEA peut prétendre représenter les dirigeants de quatre organismes (dont un syndicat et trois organismes sans but lucratif) fortement motivés par des intérêts commerciaux sectoriels qui ne profitent qu’à une poignée d’individus et qui, surtout, n’ont rien à voir avec le syndicalisme agricole:
- Association de défense des producteurs de bovins : nombre indéterminé de producteurs s’opposant à l’acquisition, par la Fédération des producteurs de bovins du Québec en 2006, de l’abattoir Levinoff-Colbex;
- Association des érablières-transformateurs des produits de l'érable : un nombre indéterminé d’acheteurs-transformateurs de sirop qui souhaitent affaiblir le rapport de force commercial des producteurs acéricoles (Fédération des producteurs acéricoles du Québec);
- Association des jardiniers maraîchers du Québec : un regroupement de producteurs souhaitant protéger leur lien d’affaires privilégié avec le Marché central et le Marché public de La Prairie;
- Céréaliers du Québec : un nombre indéterminé de producteurs de céréales s’opposant à la création, par la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec en 2011, d’un système de recueil et de diffusion d'information permettant aux producteurs d’être mieux informés lorsque vient le temps de faire leurs transactions.