«Dans vraie vie», l’UPA a précisé le jour même que:
- M. Girouard ne doit aucune somme à l’UPA, car il n’apparaît pas sur sa liste de producteurs;
- pour apparaître sur cette liste, une personne doit avoir une production annuelle destinée à la mise en marché égale ou supérieure à 5000$;
- selon les vérifications de l’UPA, ce n’est pas le cas de M. Girouard;
- il est faux de prétendre, comme le fait M. Girouard, qu’il a payé deux cotisations (une à l’UPA, une à sa propre organisation) depuis «suffisamment longtemps». M. Girouard n’a jamais payé une cotisation à l’UPA;
- de façon générale, dès que le MAPAQ informe l’UPA de l’existence d’un nouveau producteur, l’UPA l’inscrit sur sa liste et lui transmet un avis de cotisation. S’il y a non-paiement, une vérification est faite sur le statut de production de la personne concernée. Si l’UPA ne peut établir que la personne a une production annuelle destinée à la mise en marché égale ou supérieure à 5000$, elle le retire tout simplement de sa liste.
La séquence réelle des événements permet toutefois de constater la faiblesse des arguments du président de l’UP.
- M. Girouard a enregistré son entreprise comme « exploitation agricole » auprès du MAPAQ.
- Quelques mois plus tard, (soit en avril 2010) l’UPA a inscrit l’entreprise de M. Girouard sur sa liste de « producteurs agricoles ».
- L’UPA a procédé de la même façon qu’à l’habitude – elle a transmis une lettre de bienvenue à ce «nouveau producteur» ainsi qu’un avis de cotisation, à partir de l’information transmise par le MAPAQ.
- M. Girouard a reçu des avis de cotisation mais n’y a pas donné suite.
- Sans nouvelles du «producteur» et avant d’entamer des démarches de recouvrement, l’UPA a procédé à une vérification de son statut, comme elle le fait toujours en pareilles circonstances.
- Après vérification, l’UPA a donc retiré son nom de ses listes, puisqu’on ne pouvait établir qu’ il respectait les conditions nécessaires pour être producteur agricole (au niveau notamment d’une production annuelle destinée à la mise en marché égale ou supérieure à 5000$).
- Précisons à cet égard que l’UPA a dans ses dossiers la copie d’une décision de la Commission de protection du territoire agricole (#367772 – 23 novembre 2010) autorisant M. Girouard à convertir sa grange en ébénisterie. Cette autorisation allait dans le sens de ce qui avait été préalablement constaté, à savoir l’absence d’activités agricoles significatives. Ajoutons aujourd’hui que cette grange, a même complètement disparue et qu’il n’existe aucun bâtiment agricole sur place.
À l’égard des «milliers de producteurs poursuivi par l’UPA depuis 40 ans», précisons simplement que le nombre réel se situe plutôt autour de 20 dossiers par année (sur 42000).
Quant au troisième communiqué de l’UP diffusé le 7 décembre, qui demande si «le placement syndical existe également en agriculture» en lien avec le passage, à l’UPA, de l’ex-ministre de l’Agriculture Marcel Landry, soulignons simplement que l'UP est fidèle à elle-même en percevant négativement la nomination d’un député ayant une bonne connaissance du secteur dans lequel il est appelé à œuvrer à titre de ministre. C’est pourtant généralement l’objectif.
Présumons donc que l’UP est toute aussi mécontente de la nomination d’Yves Bolduc (issu du réseau de la santé) à la santé, de François Legault (issu du milieu des affaires) aux finances et au développement économique, de Richard Legendre (ex-directeur des Internationaux de tennis du Canada) au loisir et au sport, etc.
Cette vision particulière des choses explique probablement pourquoi un non-agriculteur peut assumer la présidence d’un syndicat (présumément) agricole tout en espérant que sa légitimité ne soit pas remise en question.