lundi 28 mars 2011

À propos de la justesse des propos du Collectif

Le 23 mars dernier, Radio-Canada (Bas-Saint-Laurent) diffusait le reportage qui suit :

«Rapport Pronovost - Impatience parmi les propriétaires de fermes familiales»

«Les propriétaires de fermes familiales attendent avec impatience la nouvelle politique agricole du gouvernement Charest.»

«Deux ans après le dépôt du rapport Pronovost, rien n'a bougé, déplore le Collectif de sauvegarde des fermes familiales à dimension humaine. L'organisme craint que l'opposition de l'Union des producteurs agricoles (UPA) aux réformes force le gouvernement à diluer l'impact des recommandations du rapport Pronovost.»

«Le rapport proposait en autre une valorisation des fermes familiales, de l'agriculture de proximité et de la production biologique. La commission recommandait aussi de revoir et de réorienter le soutien financier qui, en ce moment, profite surtout à l'agriculture industrielle.»

«Le porte-parole du Collectif, François Filion croit que le financement gouvernemental doit être élargi afin de tenir compte des particularités territoriales. « On a une production et on fait d'autres choses. On entretient le paysage. On préserve l'environnement avec le moins possible de pesticides et d'engrais chimiques », fait valoir M. Filion.»

«Le Collectif juge que le Québec n'a pas les moyens de conserver le modèle industriel et de soutenir des producteurs qui n'ont pas les ressources pour affronter la concurrence mondiale.»

«Dans vraie vie», dans un souci d’équilibre et de rigueur, il importe d’apporter un certain nombre de précisions permettant de véritablement mesurer la justesse des propos du Collectif (en bleu dans le texte).

«Rapport Pronovost - Impatience parmi les 5 propriétaires de fermes familiales»

«Selon le porte-parole d’un «Collectif» constitué de 5 fermes (sur 30000 au Québec), les propriétaires de fermes familiales attendent avec impatience la nouvelle politique agricole et agroalimentaire du gouvernement Charest.»

«Deux Trois ans après le dépôt du rapport Pronovost et contrairement aux gestes posés jusqu’à maintenant par le MAPAQ, rien n'a bougé, déplore le Collectif de sauvegarde des fermes familiales à dimension humaine.»

«L'organisme Le regroupement de 5 fermes craint que l'opposition de l'Union des producteurs agricoles (UPA) aux réformes à certaines recommandations présentées artificiellement par la Commission comme consensuelles mais «dans vraie vie» inspirées de l’opinion d’une poignée de mécontents force le gouvernement à diluer l'impact des de certaines recommandations du rapport Pronovost qui vont dans le sens de diluer le rapport de force politique et commercial des producteurs

«Le rapport proposait entre autre une valorisation des fermes familiales, de l'agriculture de proximité et de la production biologique. Le regroupement n’a toutefois pas été en mesure de démontrer en quoi l’UPA s’oppose à la valorisation des fermes familiales, à l'agriculture de proximité et à la production biologique. Rappelons à cet égard que 90% des fermes au Québec sont des fermes familiales, que l’UPA est le principal partenaire de l’Association des marchés publics du Québec et que la Fédération d'agriculture biologique du Québec, affiliée à l’UPA, est née 19 ans avant la publication du rapport Pronovost

«La commission recommandait aussi de revoir et de réorienter le soutien financier qui, en ce moment, profite surtout à l'agriculture industrielle. Rappelons à ce sujet que l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) a démontré depuis que l’analyse des commissaires était basée sur une lecture partielle du monde agroalimentaire québécois et que plusieurs recommandations allaient dans le sens d’accroître la vulnérabilité de l'agriculture québécoise

«Le porte-parole du Collectif, François Filion croit que le financement gouvernemental doit être élargi afin de tenir compte des particularités territoriales. « On a une production et on fait d'autres choses. On entretient le paysage. On préserve l'environnement avec le moins possible de pesticides et d'engrais chimiques », fait valoir M. Filion, faisant manifestement abstraction du fait que: 
  • selon le plus récent bilan des ventes de pesticides au Québec du ministère du Développement durable, de l’environnement et des Parcs MDDEP (2007), les quantités de pesticides appliquées à l’hectare, ont diminué de 26 % entre 1992 et 2007. Cette diminution est attribuable au fait que les productrices et producteurs rationalisent de plus en plus l’usage qu’ils font des pesticides en ayant recours à des techniques basées sur la lutte intégrée des ennemis de cultures (insectes, mauvaises herbes et maladies);
  • aujourd’hui, 90 % de toutes les entreprises agricoles du Québec possèdent un plan agroenvironnemental de fertilisation, aussi appelé PAEF - Le PAEF donne une ligne de conduite pour la fertilisation des sols, éliminant ou réduisant au maximum les risques environnementaux, car il prend en compte les caractéristiques du sol, les besoins des cultures et la nature des fertilisants utilisés. Ce document, mis à jour annuellement contient les recommandations d’un agronome, pour chaque parcelle de cultures. Y sont consignées les doses de matières fertilisantes ainsi que les modes et périodes d’épandage.»
«Le Collectif juge que le Québec n'a pas les moyens de conserver le modèle industriel et de soutenir des producteurs qui n'ont pas les ressources pour affronter la concurrence mondiale. M. Fillion n’a toutefois pas expliqué pourquoi le Québec devrait uniquement soutenir les producteurs qui ont de telles ressources.»

vendredi 18 mars 2011

Certains pensent qu’en se divisant...

Certains pensent qu'en se divisant, on pourrait mieux tirer notre épingle du jeu.

«Dans vraie vie», c’est en se regroupant qu’on arrive à faire face aux multinationales qui achètent nos produits.

On peut garder une agriculture à dimension humaine, et ce, partout au Québec.

mercredi 16 mars 2011

Copains vous dites?

Le 15 mars dernier, le chroniqueur Richard Martineau publiait ce qui suit sur son blog : «Il y a quelques semaines, je me demandais pourquoi le gouvernement ne mettait pas un terme au monopole exercé par l’Union des producteurs agricoles. Eh bien, j’ai eu ma réponse. Au début du mois, dans l’indifférence générale, on apprenait que Bernard Verret a été nommé sous-ministre adjoint au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Or, monsieur Verret est actuellement… directeur général de la Fédération des producteurs de porcs du Québec ! Quand on vous dit que l’UPA et le ministère de l’Agriculture sont copains comme cochons… Bref, l’Union paysanne a beau brasser la cage, et les Québécois ont beau manger de plus en plus bio, c’est pas demain le veille que l’État va remettre en question les dogmes de l’agriculture industrielle.»

«Dans vraie vie», M. Martineau n’est certainement pas sans savoir que le conseil des ministres a procédé à la nomination de 15 employés/dirigeants (ou ex-employés/dirigeants) de Quebecor à des emplois supérieurs depuis 2003 (dont 7 dans la dernière année).

Selon la grille d’analyse «conspirationniste» du chroniqueur, comment qualifierait-il la relation entre le conseil des ministres et son employeur?

Rappelons finalement que l’Union paysanne représente, au mieux, 1% des agriculteurs québécois (après dix ans d’existence) et que la Fédération d'agriculture biologique du Québec, affiliée à l’UPA, soulignera cette année son 22e anniversaire.

mardi 15 mars 2011

La mise en marché collective est l’un des éléments principaux du succès de notre agriculture

Dans une récente étude de l'institut C.D. Howe sur les finances publiques du Québec, l’économiste Pierre Fortin exhorte le gouvernement du Québec à garder le cap sur l'équilibre budgétaire prévu pour 2013-2014.

Pour augmenter la productivité des Québécois, ce dernier demande notamment à Québec de favoriser la concurrence. «On a des monopoles au Québec », indique l’économiste. « On en a un dans l'électricité. On en a un dans l'agriculture avec l'Union des producteurs agricoles (UPA). Ça nous nuit. Quand j'entends les jeunes en agriculture, ils se plaignent de l'UPA. Autrefois, on avait besoin de protection, mais là, on a besoin de liberté.»

«Dans vraie vie», l’agriculture québécoise est exceptionnellement «performante» et la mise en marché collective est l’un des éléments principaux de son succès. Dans plusieurs secteurs de production, les rendements et les facteurs d’efficacité sont parmi les meilleurs au monde. À l’échelle canadienne, elle se démarque sur plusieurs aspects et avantageusement de celles des autres provinces.

De taille plus modeste, l’agriculture québécoise produit, bon an mal an, des revenus nets agricoles qui sont supérieurs à ceux de l’Ontario et de l’Alberta. Le rendement de l’actif agricole est également supérieur au Québec. L’âge moyen de ses exploitants agricoles est le plus bas au Canada. C’est aussi dans cette province où le taux de remplacement des fermes entre les générations est le plus élevé. Le Québec transforme sur son territoire plus de 70% de sa production agricole, ce chiffre étant de 27% dans les autres provinces canadiennes.


De 1999 à 2008, les exportations internationales de produits bioalimentaires du Québec ont crû plus rapidement que celles de l’Ontario et du Canada. Elles ont augmenté en valeur de 82%, passant de 2,7 à 4,8 milliards de dollars, contribuant ainsi positivement à la balance commerciale.

De 1991 à 2009, les recettes monétaires à la ferme provenant des marchés ont presque doublé, passant de 3,3 à près de 6,3 milliards de dollars. Le secteur agricole a récupéré une part grandissante de ses revenus du marché puisque, pendant la même période, le budget provincial consacré à l’agriculture est demeuré sensiblement inchangé.

La mise en marché collective qui regroupe les producteurs est l’un des éléments principaux du succès et des performances de notre agriculture. À travers les plans conjoints, les producteurs investissent dans la recherche, l’innovation et la promotion de leurs produits, adoptent des normes régissant la qualité de ces derniers et négocient des conditions de mise en marché leur permettant d’en tirer des prix équitables.