lundi 31 octobre 2011

Une émission dans le champ

Le 25 octobre dernier, l’émission «On est tous dans le champ!» consacrait un épisode complet au «monopole syndical de l’UPA». «L’UPA, à travers ses fédérations, contrôle la mise en marché d’un grand nombre de produits agricoles. Certains disent que les temps ont changé et voudraient vendre leurs produits eux-mêmes. Cette mise en marché obligatoire est pour eux un carcan dont ils voudraient se libérer. Après 40 ans, le monopole de l’UPA aurait-il fait son temps?», mentionnait en ouverture d’émission l’animatrice Pascale Tremblay, ex-commissaire de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ).

«Dans vraie vie», cet épisode n’a pas traité d’accréditation syndicale. Il a plutôt traité de mise en marché collective. Or, l’UPA ne commercialise aucune denrée agricole. Cette activité est réservée aux groupes de producteurs d’un secteur donné (sirop d’érable, bovins, agneaux, céréales, lait, volaille, œufs, lapins, lait, chèvres, fruits et légumes de transformation, bois, pommes, pommes de terre etc.) ayant collectivement/démocratiquement fait le choix de se doter d’un plan conjoint (en vertu des dispositions de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche). Actuellement, 15 des 25 fédérations spécialisées affiliées (par choix) à l’UPA gèrent un plan conjoint, qui permet de rétablir l’équilibre entre les producteurs et les acheteurs de leurs produits.

Soulignons par ailleurs qu’il est malheureux d’avoir exclu le point de vue des dizaines de milliers de producteurs adhérant aux valeurs de l’UPA et au principe de la mise en marché collective. Au-delà de la présence du président de l’UPA, un reportage véritablement équilibré aurait laissé une place significative à ces derniers.

Quant aux critiques entendues à l’émission :

Production d’agneaux : tous peuvent, s’ils le souhaitent, produire et vendre eux-mêmes des agneaux légers et des agneaux de lait. L’agence de vente ne concerne que l’agneau lourd. Il n’y a aucune obligation de produire des agneaux lourds – il y a obligation de les vendre par le biais de l’agence de vente des agneaux lourds lorsqu’on en produit. 

Production de céréales : il existe une agence vente uniquement pour le blé destiné à la consommation humaine. En 2010, ce blé représentait 1,9% de la production québécoise de céréales (en dollars de vente).

Production de sirop d’érable : seul le sirop en vrac (barils) est transigé par l’agence de vente. Tous les acériculteurs qui détiennent un contingent peuvent s’ils le souhaitent commercialiser leur sirop sur le marché de détail aux prix qui leur convient. La vente directe aux consommateurs (à la ferme, en kiosque ou dans les marchés publics) n’est pas visée par le plan conjoint et par les règlements de la Fédération.

En terminant, il est un peu navrant de constater que les «experts» invités à cette émission, en prétendant discuter d’accréditation syndicale, n’avaient rien à dire sur la contribution de l’UPA (rendue possible grâce au principe d’association accréditée) au développement de l’agriculture, des régions et de toute la société québécoise. Pourtant ce ne sont pas les exemples qui manquent: contribution au développement éducatif des campagnes; à la reconnaissance de la profession agricole; à la protection du territoire agricole; à l'électrification rurale; à la mise en place du crédit agricole et des programmes de soutien du revenu agricole; au développement des coopératives agricoles et forestières, au développement du réseau des caisses populaires et des mutuels d’assurance; à la mise sur pied d’Aliments du Québec, d'Agri-Traçabilité Québec, de l’Institut de recherche en agroenvironnement, de 55 projets de gestion de l’eau par bassin versant, etc.

Rappelons finalement que c’est aussi à l’UPA que l’on doit la mise sur pied de Solidarité rurale (malheureusement, la mémoire est une faculté qui oublie).