Pour Mme Elgrably-Levy, «je crains que ce cours soit un prétexte pour faire de l’endoctrinement protectionniste, et pour conditionner nos enfants à bouder les fromages français, les fraises de Californie ou l’agneau de Nouvelle-Zélande. Il semble difficile de convaincre les Québécois de manger bio et local. Ce pourrait-il que ce cours de cuisine soit une tentative de laver le cerveau des enfants pour qu’ils choisissent les «bons aliments» une fois adultes?».
«Dans vraie vie», Mme Elgrably-Levy fait référence à un bref passage au début de l’article dans lequel il est mentionné que l’UPA réclamera notamment la réintroduction d’un «cours de cuisine obligatoire au secondaire» lors de son éventuel passage en commission parlementaire sur la future politique bioalimentaire.
Si l’économiste en chef de l’Institut économique de Montréal avait lu l’article au complet, elle aurait constaté qu’il s’agit de beaucoup plus qu’un simple «cours de cuisine». Comme l’indique la journaliste Marie Allard, «Pour informer les futurs citoyens de ces enjeux, l'UPA propose d'instaurer un cours «d'alimentation raisonnée» au secondaire, qui traiterait de santé, d'art culinaire, mais aussi de culture, d'environnement et d'économie».
La proposition, dans son intégralité, se lit comme suit (source: Le Pouvoir de se nourrir, décembre 2009).
COURS SUR L’« ALIMENTATION RAISONNÉE » POUR LES ÉLÈVES DU NIVEAU SECONDAIRE
Pourquoi?
Le lien entre l’alimentation et le diabète, le cancer, l’obésité et autres fléaux de cette nature est maintenant irréfutable et, plus que jamais, les Québécoises et les Québécois comprennent que leurs choix alimentaires ont un impact direct sur leur santé.
Mais qu’en est-il des autres conséquences de nos choix alimentaires? Au-delà des quelques heures consacrées aux vertus du guide alimentaire canadien et aux mérites de la bonne forme physique, quelle place l’école réserve-t-elle aux conséquences politiques, économiques, sociales et environnementales de ces mêmes choix?
Qui parle aux jeunes du lien direct entre leur assiette, le producteur du coin, celui qui se trouve sur un autre continent, leurs pratiques et réalités socio-économiques respectives, etc.? Par le biais de quel forum éducatif un étudiant peut-il obtenir une vision intégrée et cohérente de l’alimentation, de ses composantes jusqu’à ses impacts les plus concrets sur l’univers dans lequel on vit, ici et ailleurs dans le monde?
Comment?
Les agriculteurs et les agricultrices du Québec considèrent que nos étudiants ont besoin d’un cours leur permettant de faire des liens entre toutes ces questions. C’est pourquoi ils demandent au gouvernement de mandater le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport pour qu’il crée, en concertation avec le monde agricole et les intervenants du milieu, un cours sur l’«alimentation raisonnée» permettant aux étudiants du secondaire d’établir des liens entre nos choix alimentaires et:
- l’art culinaire;
- la culture;
- la santé et la prévention de maladies graves ou chroniques;les conditions propices au maintien d’une agriculture de proximité;
- la vitalité sociale et économique de nos régions;
- le développement durable et le respect de l’environnement;
- les réalités climatiques, culturelles et sociales entre les régions du monde;
- l’équité et la justice sociale;
- les conséquences sur l’alimentation d’une libéralisation à tous crins du commerce des produits agricoles.