Dans une entrevue accordée récemment au Canal Argent, le président de l’Union paysanne (Benoît Girouard) avance que le secteur agricole, au Québec, devrait tendre vers celui de l’Europe. «Une fois le monopole brisé, nous devrions voir apparaître des strates d’agriculteurs avec d’une part les grands producteurs très axés sur l’exportation et la forte productivité, et d’autre part les agriculteurs de taille moyenne à très petite». Selon M. Girouard, son organisation pourrait représenter les petits à moyens producteurs.
«Dans vraie vie», comme l’indiquait le journal Le Monde le 13 septembre dernier :
«Le secteur agricole est en recul en France. Le nombre d'exploitations a diminué de 26% en dix ans, et l'emploi agricole a chuté de presque autant, tombant à 750000 équivalents temps-pleins, selon le recensement décennal rendu public mardi 13 septembre par le ministère de l'agriculture.»
«La France comptait ainsi, en 2010, 490 000 exploitations contre 663 000 en 2000. Le ministère relève cependant que le rythme de cette diminution s'est ralenti par rapport à la décennie précédente (- 3% par an contre - 3,5%). Pour comparaison, le nombre d'exploitations a diminué de 24% en Italie, 29% aux Pays-Bas et 36% en Allemagne sur la même période.»
«En cause, dans cette baisse : le recul des fermes classiques bâties sur le modèle "polyculture-élevage" et une concentration au profit des très grandes exploitations. Le nombre de petites et de moyennes exploitations "diminue fortement, celui des grandes exploitations se maintient. Il progresse même pour les très grandes exploitations", relève le ministère.»
L’analyse de M. Girouard est donc paradoxale. D’une part, il se dit conscient que mettre fin à l’accréditation unique favorisera l’émergence d’une agriculture à deux vitesse au Québec, comme c’est le cas en Europe. D’autre part, il se prononce en faveur d’un tel système même si, de toute évidence, il avantage le gigantisme agricole au détriment des fermes à dimension humaine (soit celles-là même qu’il prétend vouloir représenter).