mardi 15 mars 2011

La mise en marché collective est l’un des éléments principaux du succès de notre agriculture

Dans une récente étude de l'institut C.D. Howe sur les finances publiques du Québec, l’économiste Pierre Fortin exhorte le gouvernement du Québec à garder le cap sur l'équilibre budgétaire prévu pour 2013-2014.

Pour augmenter la productivité des Québécois, ce dernier demande notamment à Québec de favoriser la concurrence. «On a des monopoles au Québec », indique l’économiste. « On en a un dans l'électricité. On en a un dans l'agriculture avec l'Union des producteurs agricoles (UPA). Ça nous nuit. Quand j'entends les jeunes en agriculture, ils se plaignent de l'UPA. Autrefois, on avait besoin de protection, mais là, on a besoin de liberté.»

«Dans vraie vie», l’agriculture québécoise est exceptionnellement «performante» et la mise en marché collective est l’un des éléments principaux de son succès. Dans plusieurs secteurs de production, les rendements et les facteurs d’efficacité sont parmi les meilleurs au monde. À l’échelle canadienne, elle se démarque sur plusieurs aspects et avantageusement de celles des autres provinces.

De taille plus modeste, l’agriculture québécoise produit, bon an mal an, des revenus nets agricoles qui sont supérieurs à ceux de l’Ontario et de l’Alberta. Le rendement de l’actif agricole est également supérieur au Québec. L’âge moyen de ses exploitants agricoles est le plus bas au Canada. C’est aussi dans cette province où le taux de remplacement des fermes entre les générations est le plus élevé. Le Québec transforme sur son territoire plus de 70% de sa production agricole, ce chiffre étant de 27% dans les autres provinces canadiennes.


De 1999 à 2008, les exportations internationales de produits bioalimentaires du Québec ont crû plus rapidement que celles de l’Ontario et du Canada. Elles ont augmenté en valeur de 82%, passant de 2,7 à 4,8 milliards de dollars, contribuant ainsi positivement à la balance commerciale.

De 1991 à 2009, les recettes monétaires à la ferme provenant des marchés ont presque doublé, passant de 3,3 à près de 6,3 milliards de dollars. Le secteur agricole a récupéré une part grandissante de ses revenus du marché puisque, pendant la même période, le budget provincial consacré à l’agriculture est demeuré sensiblement inchangé.

La mise en marché collective qui regroupe les producteurs est l’un des éléments principaux du succès et des performances de notre agriculture. À travers les plans conjoints, les producteurs investissent dans la recherche, l’innovation et la promotion de leurs produits, adoptent des normes régissant la qualité de ces derniers et négocient des conditions de mise en marché leur permettant d’en tirer des prix équitables.