mardi 30 mars 2010

Agriculture et construction

Dans le Journal de Montréal du 28 mars, le président de l’Union paysanne (et le chef de la rédaction du Journal) fait un parallèle entre le principe d’association accréditée en agriculture et les récents événements sur les chantiers de la Côte-Nord. « Ça fait des années qu'on dénonce les problèmes du monopole syndical de l'UPA, dit-il, mais avant le cas de la FTQ Construction, personne ne nous écoutait. L'agriculture, on dirait que le monde s'en fout un peu ».

« Dans vraie vie », il s'agit de situations très différentes. Dans la plupart des milieux de travail, un seul syndicat représente les employés d’une même catégorie d’emploi dans une entreprise. Dans le secteur de la construction, le pluralisme syndical que prône l’Union paysanne est présent. Cinq syndicats représentent des travailleurs et peuvent se côtoyer sur un même chantier : la Centrale des syndicats démocratiques, la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des travailleurs du Québec, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction International et, finalement, le Syndicat québécois de la construction. Ce pluralisme syndical sur un même chantier et les rivalités qu’il provoque expliquent une partie des problèmes de ce secteur.

C’est ce que le président de la Fédération des producteurs de lait, Marcel Groleau, faisait récemment remarquer : « C'est justement la multiplicité des organisations syndicales qui cause les problèmes dans la construction. S'il y avait seulement une organisation, elle devrait établir des règles claires pour l'accès aux différents chantiers, les présenter à ses membres et les respecter en vertu du principe d'équité ».

Par ailleurs, l’Union paysanne n’a pas de leçon à donner au regard de l’intimidation, comme en témoigne un incident rapporté par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.