mardi 21 décembre 2010

Commentaire culoté mais réconfortant

Le chef de la rédaction du Journal de Montréal, M. Dany Doucet, dénonçait le 18 décembre dernier les «séquelles un peu partout dans l’industrie touristique au Québec» du retrait du privilège d’accès sur les terres agricoles (motoneiges et quads). Pour M. Doucet, les producteurs «n’ont pas subi de dommages financièrement» et «ont mené leur bataille avec l’argent des autres. Leur seul dommage, c’est leur réputation ternie. (…) C’est dommage car la plupart des agriculteurs n’ont rien à voir avec cette décision de l’UPA».

Selon le chef de la rédaction du Journal, il y aurait lieu d’envisager la possibilité de «donner un droit de passage aux clubs de motoneige sur les terres agricoles du Québec» ou d’établir «un système semblable aux servitudes».

«Dans vraie vie», il est particulièrement culoté, pour un cadre du Journal de Montréal, de critiquer un moyen de pression et d’invoquer la réputation de qui que ce soit à la lumière du traitement réservé jusqu’à maintenant aux 253 lock-outés du Journal.


Il est par ailleurs intéressant de lire que «les agriculteurs ont certainement le droit de bien gagner leur vie. Mais ils ne sont pas les seuls». Effectivement, les lock-outés aussi et le commentaire de M. Doucet ne fait que réconforter l’UPA dans sa décision de demander aux 42 000 producteurs agricoles québécois de boycotter le Journal.

Plus globalement, M. Doucet oublie que la motoneige n’est pas un service public, qu’il s’agit de terres privées, que 15 régions agricoles sur 16 avaient décidé de retirer le privilège d’accès avant le mot d’ordre de l’UPA, que les producteurs permettent aux motoneigistes et aux quads de circuler gratuitement sur leurs terres depuis des décennies, que le gouvernement du Québec est demeuré insensible aux arguments des producteurs pendant près d’un an et que la disparition de milliers de fermes ferait beaucoup plus mal aux régions qu’il prétend défendre que quelques kilomètres de sentiers.