Le 7 juin dernier, l'Association des Érablières Transformateurs des Produits de l'Érable, Les Céréaliers du Québec et l'Association des Jardiniers Maraîchers du Québec annonçaient la fondation du Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA). Souhaitant «regrouper les agriculteurs qui se caractérisent par leur esprit d'entreprise et leur désir de gérer eux-mêmes leur ferme», le Conseil prétend se placer «aux côtés de l'Union des producteurs agricoles (UPA) et de l'Union Paysanne (UP) afin de représenter les agriculteurs lors de l'après-monopole».
«Dans vraie vie», précisons que tous les agriculteurs au Québec «se caractérisent par leur esprit d'entreprise et leur désir de gérer eux-mêmes leur ferme». Prétendre implicitement le contraire témoigne d’une profonde condescendance envers les 40233 producteurs agricoles (95%) qui adhérent volontairement à l’UPA.
Pour le reste, cette nouvelle initiative illustre parfaitement le morcellement de la représentation syndicale et, conséquemment, du rapport de force des agriculteurs si le gouvernement mettait éventuellement fin au principe d’association accréditée en agriculture.
La création du Conseil démontre aussi comment l’absence d’obligation légale quant à l’atteinte de consensus et de compromis, comme ce serait le cas si le gouvernement mettait fin au principe d’association accréditée en agriculture, serait désastreuse au regard de la cohésion agricole. À témoin, le nouveau Conseil (immatriculé dès le 29 mars dernier, soit cinq mois seulement après la fondation de la Coalition pour la liberté d'association en agriculture du Québec) a déjà décidé de larguer l’Union paysanne (ainsi que l’Association des producteurs de gazon et Avenue Bio de l’Est).
Soulignons aussi que le Conseil prétend vouloir attendre la nouvelle politique agricole et agroalimentaire avant de procéder à une vaste campagne de recrutement. Manifestement, le Conseil ne comprend pas que la Loi actuelle lui permet de recruter des membres dès maintenant.