En février 2008, la Commission de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ) recommandait la fin du « monopole syndical de l’UPA », en faveur du modèle syndical ontarien où plusieurs organisations sont accréditées pour représenter les agriculteurs. Or, plus de deux ans après, il est étonnant de constater que le point de vue ontarien, d’une pertinence évidente dans les circonstances (et compte tenu du battage médiatique sur le sujet), n’ait pas encore été sollicité.
«Dans vraie vie», le portrait ontarien est moins rose que certains voudraient nous le faire croire, comme en témoigne un récent article paru dans La Terre de chez nous.
Pour Simon Durand, directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), « La pluralité syndicale nuit beaucoup au plan de la force de représentation des agriculteurs ontariens. Il suffit de regarder ce qui se passe au Québec pour comprendre qu’une organisation syndicale comme l’UPA procure plus de gains pour l’ensemble des agriculteurs, toutes tailles et productions confondues ». Le président de l’UCFO, M. Marc Laflèche, admet de son côté que l’arbitrage entre les intérêts parfois divergents les multiples organisations affiliées à l’UPA constitue un énorme défi. « C’est toutefois plus structurant et plus sain qu’une organisation livre un message unique au gouvernement au lieu de trois messages différents. Car le gouvernement a alors le loisir de jouer les organisations les unes contre les autres », a continué M. Laflèche.
Messieurs Durand et Laflèche rappellent que plusieurs organisations agricoles (Ontario Federation of Agriculture, Ontario Cattlemen’s Association, Christian Farmers of Ontario, Ontario Grains and Oilseedsm Ontario Pork, Ontario Sheep, Ontario Veal et Fruit and Vegetables Growers of Ontario) se sont récemment regroupées sous une seule bannière (Coalition ontarienne pour une agriculture durable) pour exiger de meilleurs programmes de sécurité du revenu. Pour les deux intervenants, un tel regroupement démontre clairement que les producteurs, sur des questions fondamentales pour leur avenir, cherchent à augmenter leur rapport de force et reproduire le modèle syndical québécois.
